Travail de rue

Nous sommes jeudi, il est 22 h, deux personnes sortent du 1280, rue Ontario est et commencent à parcourir les rues de l’arrondissement Ville-Marie. Sacs aux dos, elles s’arrêtent ici et là et discutent avec des gens : des jeunes, des travailleuses du sexe, des gens qui sollicitent de l’argent aux passants et aux automobilistes, des gens qui les interpellent… toutes sortes de gens. Ces deux personnes sont les travailleurs de rue de Spectre de rue.

 
Le travail de rue est une forme d’intervention ayant comme objectif d’aller vers les gens heurtés ou en rupture avec les structures de la société. Que ce soit par choix ou par manque de choix, certains d’entre eux font de la rue leur mode de vie. Le travailleur de rue est là pour eux.
 
En se rendant dans leur milieu de vie (rue, squat, bar, parc…), les travailleurs de rue réussissent à créer des liens de confiance avec ces gens trop souvent marginalisés. Puis, en étant présents lors des événements (heureux comme difficiles) et des choix qui ponctuent leur vie, le travailleur de rue accompagne les individus dans leur cheminement vers l’amélioration de leur situation.
 
Le mandat des travailleurs de rue de Spectre de rue n’étant pas restreint par des critères tels que l’âge ou le genre, les liens égalitaires établis avec les gens considèrent l’individu dans son ensemble et non seulement quelques sphères de sa vie. La cadre flexible qu’offre l’utilisation du travail de rue comme moyen d’intervention s’allie bien avec les approches jugées les plus adaptées aux réalités rencontrées à Montréal soit celles de reprise de pouvoir (empowerment) et de réduction des méfaits.
 
La prévention des ITSS (Infections Transmissibles Sexuellement et par le Sang), qui est le mandat de l’organisme, les pousse à rendre disponible le matériel de prévention auprès des gens qu’ils rejoignent. Ce mandat s’ajoutant au mandat premier du travailleur de rue.
 
Enfin, l’équipe de travailleurs de rue de Spectre de rue œuvre principalement de soir et de nuit dans l’arrondissement Ville-Marie. Pour les joindre, veuillez contacter Spectre de rue ou tenter votre chance et essayer de les trouver dans le quartier!
 
 
Quelques faits :
- Plus de 80 % des contacts se passent sans distribution de matériel de prévention.
  • - Des individus rencontrés, 64 % sont des hommes, 20 % sont des femmes et 16 % sont des transsexuelles.
  • - L’équipe compte comme partenaires d’autres organismes communautaires, mais aussi certains propriétaires et
  •   employés de bar et d’un établissement érotique (peep show).
  • - Les travailleuses de rue interviennent en face-à-face, au téléphone, par écrit et même par internet.